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Pendant des années, Robert Anderson a travaillé de nuit pour une compagnie d’arts graphiques de Toronto. Il commençait autour de minuit, travaillait jusqu’à l’aube, puis rentrait à la maison pour dormir. Ou plutôt, essayer de dormir. Au fil du temps il a développé des problèmes cardiaques et de poids en plus de quelques autres problèmes de santé.

Essayer de dormir quand c’est bruyant et qu’il fait clair dehors, et rester éveillé quand il fait noir, représente tout un défi. Les travailleurs de nuit comme M. Anderson peuvent avoir de la difficulté à dormir sur commande. Ils seront de ce fait moins alertes au travail ce qui peut augmenter les risques d’accident.

« Il s’agit d’une importante question d’intérêt public », explique la Dre Diane Boivin, directrice du Centre d’étude et de traitement des rythmes circadiens de l’Institut Douglas et professeure au département de médecine de l’Université McGill à Montréal. Au fil des ans, précise-t-elle, les travailleurs de nuit s’avèrent plus enclins à développer divers problèmes de santé physique et mentale.

Bien qu’il soit difficile d’établir totalement un lien de cause à effet entre le fait de travailler de nuit ou par quarts et les effets néfastes directs de ce type de travail sur la santé, des preuves empiriques et expérimentales abondent dans ce sens en raison du stress et de la fatigue que ces conditions de travail engendrent.

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Les habitudes alimentaires malsaines amplifient ces risques. C’est difficile de trouver un repas sain dans un hôpital au milieu de la nuit, fait remarquer le Dr Benjamin Rusak, professeur de psychologie et de psychiatrie de l’université Dalhousie à Halifax dont les recherches sont orientées vers les aspects des rythmes circadiens liés au comportement.

Devoir demeurer actif la nuit et dormir le jour va à l’encontre de l’horloge biologique naturelle, confirme la Dre Rachel Morehouse, directrice médicale de l’Atlantic Sleep Centre de l’Hôpital régional de Saint John au Nouveau-Brunswick. « Il n’est donc pas étonnant d’apprendre que les gens se sentent déprimés, qu’ils souffrent de problèmes gastro-intestinaux, qu’ils développent un cancer, un diabète, de l’hypertension ou des problèmes cardiaques, et qu’ils deviennent obèses. Ces gens nagent à contre-courant et l’humain n’a pas été conçu pour cela. »

Les effets néfastes sur votre corps sont pires si vous travaillez par quarts, c’est-à-dire si vous travaillez par exemple trois quarts de nuit de suite puis un quart de jour. « Le travail par quarts est à ce point néfaste qu’il se compare à un décalage horaire multiplié par 10 », explique le Dr Rusak. « Physiologiquement, vous ne pouvez pas vous adapter, car les indices autour de vous ne changent pas même si votre horaire change. »

Même si vous travaillez toute la semaine de nuit et que vous êtes en congé le week-end, vous ressentez quand même les symptômes de grande fatigue propres à un décalage horaire. « Vous renversez la situation en dormant la nuit et en bougeant le jour, donc même les travailleurs de nuit permanents deviennent des travailleurs par quarts le week-end venu. »

En plus de devoir s’adapter à un nouveau « fuseau horaire », les travailleurs par quarts ont sans doute des responsabilités familiales, comme la préparation de repas et l’organisation des enfants pour l’école, sans oublier les pressions sociales qui compliquent toute tentative d’adaptation au nouvel horaire. « Si un groupe d’amis prévoit aller prendre un verre à 19 h, le travailleur de nuit pourrait décider de se joindre à eux, même s’il doit aller travailler pendant huit heures juste après », précise le Dr Rusak.

Forcer votre horloge biologique à travailler à l’envers n’est déjà pas facile, mais cela devient encore plus difficile avec l’âge. « Chez les plus jeunes, les rythmes circadiens se formalisent moins des changements. Le système tolère mieux le manque de sommeil et dormir s’avère plus facile, même si on ne sent pas la fatigue », selon la Dre Morehouse.

Les experts s’entendent pour dire que les travailleurs de nuit ou par quarts doivent tout tenter pour ne pas être privés de sommeil. « Ce qui veut dire que lorsque vous rentrez à la maison après le travail, même s’il fait clair, prenez une bouchée afin que la faim ne vous réveille pas, puis allez au lit », recommande la Dre Morehouse.

Elle suggère de vous protéger autant que possible de toute source de lumière intense lors de votre déplacement entre le travail et la maison. Le Dr Atul Khullar, psychiatre et directeur médical de la clinique du sommeil du nord de l’Alberta MedSleep Edmonton recommande l’utilisation de lunettes spéciales filtrant les rayons ultraviolets. Il suggère également d’habiller la fenêtre de la chambre d’un épais rideau capable de bloquer le soleil.

Au lever, exposez-vous à autant de lumière que c’est possible de le faire. Vous souhaiterez peut-être acheter un caisson lumineux qui imite la lumière naturelle et dont l’usage est répandu pour traiter les troubles affectifs saisonniers, un état dépressif lié au manque de soleil.

Le Dr Khullar recommande également des siestes « stratégiques », c’est-à-dire de courtes périodes de sommeil d’environ 20 à 30 minutes, préférablement avant 13 h ou 14 h. « L’important c’est de ne pas dormir trop longtemps et de ne pas piquer cette sieste trop près de votre quart de travail. »

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